Lutter contre les puces

Lutter contre les puces

La lutte contre les puces repose sur des choix stratégiques en fonction du milieu, de l'animal et du propriétaire.

Les puces sont les parasites externes les plus fréquents chez le chat et le chien et les propriétaires ont bien souvent besoin de notre aide pour s'en débarrasser.

Qui sont les puces ?


Ce sont de petits insectes (2-3 mm de longueur) de couleur brune, presque noire. Dépourvues d'ailes, les puces sont cependant très mobiles, grâce à leurs pattes très développées. Leur aptitude au saut est impressionnante (30 cm) mais, sur les animaux, on les voit rarement sauter : elles rampent au niveau de la peau, dans le pelage. Elles sont hématophages (elles se nourrissent du sang de leur hôte en le piquant).

Il existe des centaines d'espèces de puces. Chez le chat et chez le chien, la puce la plus fréquente est la puce du chat, Ctenocephalides felis. En cas d'infestation massive, la puce du chat peut également séjourner sur l'Homme. C'est une puce "frileuse" qui supporte mal les basses températures. Il existe également une puce du chien Ctenocephalides canis qui ne pique que les canidés.

Comment vivent les puces ?

Les puces adultes (mâles et femelles) sont des parasites obligatoires et permanents : une puce ne peut pas survivre et se reproduire sans se nourrir du sang de son hôte. Elle reste donc sur son hôte bien qu'elle puisse en changer, si nécessaire. Si aucun hôte n'est disponible, la puce peut survivre une dizaine de jours dans le milieu extérieur, durant la belle saison.

Dès qu'une puce rencontre un hôte, elle prend rapidement (dans la seconde ou les minutes qui suivent) un premier repas de sang puis s'accouple. Dans les 48h qui suivent l'infestation, la ponte commence. Chaque jour, la puce femelle produit une trentaine d'œufs et ce, pendant environ 2 mois (soit près de 2000 œufs en tout !).

  Les œufs de puce sont de couleur blanche et de taille microscopique : vous ne les verrez pas à l'œil nu. Ils n'adhèrent pas aux poils et tombent sur le sol, surtout au niveau des zones de couchage de l'animal parasité (panier, tapis, voiture...). En quelques jours (1 à 10, selon les conditions), les œufs éclosent et donnent naissance à des larves.

Les larves de puce ressemblent à de petite chenilles noires. Elles mesurent 2-3 millimètres de long et sont donc visibles. Elles ne vivent pas sur l'animal. Elles sont sensibles à la chaleur et à la lumière. C'est pourquoi elles se réfugient dans les endroits sombres et abrités (moquettes, fentes de parquet, couche de l'animal, dessous des meubles, etc.).

Quelques jours plus tard (entre 5 et 11, selon les conditions), les larves s'entourent d'un cocon protecteur de couleur blanchâtre appelé pupe.  Elles y restent au moins 10 jours, le temps de se transformer en adultes. Les puces adultes peuvent sortir immédiatement du coconsi les conditions climatiques sont favorables (températures clémentes et humidité, cest pourquoi il y a une recrudescence des infestations par les puces au printemps et à l'automne) et si les hôtes potentiels sont présents (détectés par les vibrations du sol ou par l'élévation du taux de dioxyde de carbone (CO2) que les animaux ou les personnes rejettent en respirant et une fois l'hôte repéré, la puce saute sur son corps). Mais, si les conditions sont défavorables, elles peuvent rester à l'abri jusqu'à 5 mois. Les pupes sont en effet très résistantes aux conditions extérieureset elles sont également résistantes à tous les insecticides.

La durée totale du cycle, de l'œuf à la puce adulte est de 3 semaines, en moyenne. Mais elle peut varier de 2 semaines (si les conditions sont très favorables) à plusieurs mois (si les conditions sont défavorables). 

 

 

 

Comment savoir si un chien ou un chat a des puces ?


Lorsque l'infestation est peu importante, elle peut passer inaperçue, surtout chez le chat car il se toilette beaucoup et, en se léchant, il ingère les puces, d'où le risque important de co-infestation avec dipylidium . Il faut inspecter le pelage de l'animal avec attention, en écartant les poils. Il est alors possible d'observer directement les puces (elles se déplacent rapidement sur le corps de l'animal) ou leurs déjections. Celles-ci ont la forme de petits grains bruns. Si on les met sur du papier absorbant humide, une coloration rouge apparaît, car les crottes de puces sont en fait du sang digéré. Quand l'infestation est importante, les propriétaires s'aperçoivent plus facilement de la présence de puces car souvent, leur animal se gratte, se mordille et s'agite.

Pourquoi lutter contre les puces ?

Les puces peuvent être à l'origine d'effets pathogènes directs et indirects pour leur hôte :

- démangeaisons en cas d'infestation massive (pulicose). Les lésions de grattage peuvent se surinfecter.

- lésions inflammatoires en cas d'allergie à la salive de puce (dermatite par allergie aux piqûres de puces ou DAPP).

-  transmission de parasites (ex : dipylidium, vers plat responsable des anneaux ovigères, en forme de grains de riz blancs, visibles aux marges de l'anus) ou de bactéries (ex : Bartonella responsable de la Bartonellose chez le chat essentiellement).

Enfin, les puces peuvent séjourner sur l'Homme, surtout en cas d'infestation massive, et piquer ce dernier. On observe alors des petites vésicules rouges souvent localisées au niveau des chevilles.

Quels sont les grands principes de la lutte contre les puces ?

Etant donné la prolificité des puces, il faut intervenir rapidement pour limiter leur prolifération et agir à 2 niveaux.

Agir sur l'animal : Il faut appliquer des produits insecticides pour détruire les puces adultes (action adulticide). Certains produits sont également efficaces sur les œufs (action ovicide) et les larves (action larvicide).

Agir sur le milieu extérieur : Les œufs, les larves et les cocons sont disséminés dans le milieu extérieur. On estime que pour 5 puces adultes retrouvées sur l'animal, 95 sont en développement dans son environnement ! Il faut donc aspirer avec l'aspirateur soigneusement tous les endroits  fréquentés par l'animal en insistant sur les lieux à l'abri de la lumière et de la chaleur, préférés par les larves.

Cette étape est nécessaire pour ôter mécaniquement les formes immatures. C'est d'ailleurs l'unique moyen pour éliminer les pupes. Le sac aspirateur doit être ensuite détruit.

La deuxième étape consiste à éliminer chimiquement les puces grâce à l'utilisation de produits insecticides spéciaux pour l'environnement. Cette étape est conseillée mais facultative si on utilise des antiparasitaires externes qui agissent sur la descendance des puces (ovicides, larvicides).

Quels sont les produits disponibles ?

Il existe une large gamme de produits qui varient selon :

-     la destination : sur l'animal (chien et/ou chat) ou produit pour l'environnement (Parastop habitat spray ou diffuseur, Tiquanis habitat)

-        leur spectre d'activité : action adulticide (Frontline, Capstar, Parastop... ), adulticide et larvicide ou ovicide (Stronghold, Advantix, Duowin, Advocate, Frontline combo...) ou régulateur de croissance seul (Program, Cyclio...). Certains produits sont également efficaces sur d'autres parasites (ex : tiques, phlébotomes...) comme le Scalibor, l'Advantix,le Proméris Duo, le Stronghold, l'Advocate, le Frontline...

-        leur forme galénique : colliers (Scalibor), sprays (Duowin, Frontline, Tiquanis animal, Défendog...), spot-on (Advantix, Duowin, Frontline, Proméris, Advantage, Cyclio, Stronghold, Advocate...) comprimés (Capstar, Program chien), poudres (Carbyl), shampoings (Scalibor, Extoskin), liquide buvable (Program chat)...

-        leur rémanence (durée d'action) : de un jour (Capstar) à six mois (Program injectable).D'une façon générale la rémanence augmente selon l'ordre suivant : poudres, shampoing, spot-on, sprays, collier, injection.

Attention! Certains produits adulticides ne sont efficaces que si la puce effectue un repas de sang , ce sont les antiparasitaires systémiques (qui passent obligatoirement par le système sanguin du chien ou du chat). Ils n'ont donc aucun intérêt à être utilisés sur les chiens sujets aux dapp.

En ce qui concerne les possibilités de délivrance, la plupart des antiparasitaires externes sont des médicaments dérogatoires (délivrables sans ordonnance et à des non clients possible) mais certains (Stronghold, Program injectable, Capstar...) sont systémiques et sont donc des médicaments vétérinaires visés qui doivent être exclusivement vendus à la clientèle et sur ordonnance.

Mais, qu'ils soient ou non en vente libre, les antiparasitaires ne sont pas dénués de toxicité. Ils doivent donc être utilisés avec précaution :

-        respecter les doses conseillées par le laboratoire fabricant ou le vétérinaire,

-        respecter le mode d'utilisation (rappeller au client la voie d'administration, le lieu exact d'administration pour les spot-on, la fréquence d'administration, la résistance à l'eau...)

-        veiller aux dates de péremption et aux conditions de conservation

-        veiller aux contre-indications éventuelles (certains produits ne doivent pas être utilisés chez le chat, les jeunes, les femelles gestantes...).

-        se laver les mains après application sur l'animal, ne pas laisser les enfants toucher le corps de l'animal dans les heures qui suivent l'application.

-        éviter que l'animal n'ingère ou ne lèche le produit...

-        ne pas utiliser les insecticides pour l'environnement sur les animaux et protéger les oiseaux, poissons, rongeurs et les denrées alimentaires.

Comment prévenir la réinfestation ?

La lutte contre les puces doit prendre en compte la présence de formes immatures dans l'environnement (œufs, larves, pupes). Un traitement ponctuel risque d'être peu efficace : il faut agir dans la durée. Ceci d'autant plus que, à l'intérieur des habitations, les puces sont protégées des intempéries et peuvent proliférer toute l'année.  Il faut donc inciter les clients à opter pour une protection permanente en utilisant des produits ayant une forte rémanence. Le traitement doit être entrepris simultanément sur tous les animaux présents dans l'habitation.

Les risques d'infestations sont plus importants au printemps et à l'automne (températures clémentes associées à une humidité importante). Les efforts de prévention doivent donc être particulièrement importants au début de ces deux saisons.