Pourquoi vacciner les chiens et les chats?

Pourquoi vacciner les chiens et les chats?

Le pourcentage de chiens et de chats vaccinés et médicalisés ne cesse d'augmenter et pourtant certains propriétaires continuent de penser que cela est inutile voire néfaste pour leurs animaux. Le rôle de l'auxiliaire est alors de leur expliquer succinctement le principe et les intérêts de la vaccination et d'analyser avec eux les objections qui pourraient persister afin d'y répondre.

Les maladies infectieuses du chat pour lesquelles il existe un vaccin en France

Maladies

Valence

Symptômes principaux

Typhus ou Panleucopénie

P

Fièvre, abattement, troubles digestifs et neurologiques

Coryza

CR

Troubles respiratoires, oculaires et ulcérations buccales

Leucose ou Felv

L

Baisse d'immunité et cancers

Chlamydiose

Ch

conjonctivite

Rage

R

Agressivité, morsures...ou paralysie progressive

Les maladies infectieuses du chien pour lesquelles il existe un vaccin en France

Maladies

Valence

Symptômes principaux

Maladie de Carré

C ou D

Troubles oculaires, neurologiques, respiratoires, digestifs et cutanés

Hépatite de Rubarth

H

Douleur abdominale, atteinte hépatique et troubles oculaires

Parvovirose

P

Abattement, vomissements, diarrhée hémorragique nauséabonde

Leptospirose

L

Abattement, atteinte hépatique et rénale

Rage

R

Agressivité, morsures...ou paralysie progressive

Piroplasmose ou babésiose

Bab

Fièvre, urine foncée, anémie, atteinte rénale et hépatique

Borréliose ou maladie de Lyme

Bor

Troubles articulaires, cardiaques ou neurologiques

Toux de chenil

Pi et Bb

Troubles respiratoires et oculaires

Herpès virose

Hv

Avortement

Tétanos

T

Paralysie des muscles striés

Pourquoi vacciner ?

Pour protéger les animaux:

La vaccination est la méthode la plus efficace pour protéger contre les maladies infectieuses graves, mortelles ou très invalidantes et c'est le seul moyen de lutte contre les maladies pour lesquelles il n'existe pas de traitement spécifique, ce qui est le cas de la plupart des maladies virales. La vaccination est particulièrement importante lors de contacts avec d'autres animaux (vie en collectivité, élevages, expositions, sorties), lors de séjour en milieu contaminé, et aussi lors de vieillissement, contrairement à ce que beaucoup de propriétaires pensent, car le système immunitaire de leur animal est alors diminué et il est plus sensible aux différents agents pathogènes rencontrés.

Pour maîtriser les risques de zoonose : rage, leptospirose...

pour se conformer aux obligations réglementaires sur la vaccination antirabique :

Certains vaccins sont imposés par les propriétaires des pensions mais, en France, le seul vaccin légalement obligatoire et uniquement dans les cas suivants est le vaccin contre la rage :

- chiens et chats devant franchir la frontière. A noter que pour certains pays (se renseigner auprès des ambassades), d'autres vaccins que la rage sont exigés.

- chiens et chats allant en Corse ou dans les DOM-TOM (obligation bientôt supprimée)

- chiens de première et de deuxième catégories

- chiens  et chats vivant dans un département déclaré infecté par la rage

- chiens et chats allant en camping ou en centre de vacances (obligation bientôt supprimée)

- lévriers participant à une course (obligation bientôt supprimée)

Pour éviter l'euthanasie si le lieu de vie devient zone déclarée infectée par la rage : dans ce cas, tout carnivore domestique ayant été en contact avec un animal enragé ou récupéré en fourrière en zone infectée par la rage doit être euthanasié, s'il n'est pas vacciné contre la rage.

Pour protéger l'entourage : la couverture vaccinale d'une fraction de la population permet d'enrayer ou de ralentir l'évolution d'une maladie contagieuse

Pour protéger la collectivité : éliminer une maladie d'un élevage, d'une région, d'un pays, de la planète...

La vaccination est aussi l'occasion de faire le point sur l'état de santé de l'animal et la consultation vaccinale est un acte médical à ne pas banaliser.

En effet, le vétérinaire procède à l'examen clinique complet de l'animal pour déterminer s'il est apte à répondre au vaccin. Cet examen de l'animal montre toute l'importance accordée par le vétérinaire à l'animal.

Le plus souvent, l'animal est en bonne santé : la consultation est alors un moment positif. Elle permet de faire le point sur l'état physiologique de l'animal (puberté, vieillissement, gestation prévue...). Elle permet aussi de répondre aux questions que peut se poser le propriétaire concernant l'alimentation, l'éducation, la protection contre les parasites, la stérilisation... La consultation vaccinale devient ainsi une consultation de prévention.

Dans certains cas, la consultation vaccinale permet de dépister certaines maladies infra-cliniques (insuffisance rénale, petites tumeurs mammaires...) ou des troubles du comportement (syndrome de privation...) et le traitement pourra alors être commencé précocement et avoir ainsi plus de chance de réussite que si le propriétaire avait consulté plus tard.

Souvent, le simple fait d'expliquer les nombreux avantages de la vaccination va suffire à décider le client jusqu'alors réticent mais parfois il aura encore quelques objections qu'il faudra lui faire exprimer et auxquelles il faudra répondre précisément. Certaines remarques ou questions reviennent régulièrement au sein de nos cliniques et voici quelques réponses à apporter aux plus fréquentes.

Pourquoi ne vaccine-t-on pas les très jeunes chiots et chatons ?

Les chiots et les chatons sont protégés par les anticorps maternels qui neutralisent le vaccin jusqu'à 6 à 8 semaines et ils sont encore trop jeunes pour répondre correctement au vaccin (système immunitaire immature). C'est pourquoi la première injection vaccinale se fait généralement vers 6-8 semaines, et 2 à 3 injections sont souvent nécessaires dont la dernière après 12 semaines, quand le système immunitaire est devenu compétent.

Pourquoi les protocoles sont-ils différents en fonction des vaccins et pourquoi faut-il des rappels réguliers ?

Tous les vaccins ne sont pas fabriqués de la même façon. Ils n'induisent pas tous la même protection. Un animal qui guérit spontanément après une infection naturelle bénéficie de la meilleure immunité induite. L'immunité induite par un vaccin sera, au mieux, aussi efficace. En pratique, elle l'est moins, d'où la nécessité de faire des rappels à intervalles réguliers, variables en fonction du pouvoir immunogène des vaccins (entre 6 mois et 2 ans, avec les vaccins actuels).

D'une façon générale, les vaccins vivants contenant le germe atténué (ex : carré, Hépatite de Rubarth, parvovirose, panleucopénie) ou un virus recombiné (ex : certains vaccins leucose) entraînent une immunité plus longue que les vaccins inactivés contenant des germes tués ou leurs fractions antigéniques (Coryza, Leptospiroses, Leucose, Lyme..). Ceci explique que certains rappels soient au minimum annuels, tandis que d'autres peuvent n'avoir lieu que tous les deux ans. Même s'il a été vacciné durant plusieurs années, l'immunité d'un animal n'est jamais définitive et il faut donc insister pour continuer à vacciner les animaux âgés.

Peut-on vacciner les femelles gestantes ?

Tout dépend des vaccins ! La vaccination pendant la gestation est possible avec tous les vaccins inactivés et certains vaccins vivants. Elle reste déconseillée (risque de malformation fœtale) avec certains vaccins vivants (ex : panleucopénie chez le chat, certains vaccins leucose recombinés).

Il est toujours préférable de vacciner la femelle avant la saillie pour que son taux d'anticorps dans le lait soit maximal. De plus, il existe un vaccin contre l'herpès virose à faire spécifiquement aux chiennes en gestation.

Un animal vacciné peut-il attraper une maladie contre laquelle il a été vacciné régulièrement ?

Oui, il n'y a pas d'efficacité à 100%. Certains animaux répondent très bien, d'autres moins bien et certains cas sont peu propices à une bonne protection vaccinale:

- La vaccination des jeunes animaux peut être inefficace en raison de la persistance de leur immunité maternelle (une chienne ayant guéri de la parvovirose est particulièrement bien immunisée contre cette maladie. Les anticorps qu'elle transmet à ses chiots peuvent persister jusqu'à 4 mois).

- La vaccination en milieu infecté : l'animal peut être déjà en incubation au moment de la vaccination

Malgré ces limites, les animaux qui répondent moins bien à la vaccination présentent en général une forme atténuée de la maladie et la vaccination reste donc utile.

Un vaccin peut-il être néfaste pour la santé?

Avant d'être commercialisés, les vaccins font l'objet d'études poussées concernant leur efficacité et leur innocuité mais malheureusement le  risque zéro n'existe pas et, comme tout médicament actif, les vaccins peuvent avoir des effets secondaires (réaction allergique, inflammatoire, fibrosarcome...). Ces réactions ne remettent cependant pas en question l'intérêt de la vaccination car elles sont très rares et les troubles occasionnés sont, dans leur immense majorité, moins graves que ceux liés aux maladies. Il faut expliquer aux propriétaires que la probabilité d'observer une réaction importante à la vaccination est plus faible que celle de contracter une maladie infectieuse.

On peut guérir les maladies avec des médicaments, alors pourquoi vacciner?

La médecine est relativement impuissante pour traiter les maladies virales et même pour les maladies bactériennes, les évolutions suraiguës ne laissent pas le temps de traiter avant la mort ou l'arrivée de séquelles graves.

Pourquoi vacciner un chat FIV positif ?

Etant FIV+, il a plus de risque d'attraper d'autres maladies et il vaut mieux le protéger pour qu'il vive dans de bonnes conditions plus longtemps.

Pourquoi vacciner un animal qui ne sort pas ?

Tout d'abord, il faut absolument sortir un chiot contrairement à ce que disent beaucoup d'éleveurs car sinon il aura de façon certaine des troubles du comportement (syndrome de privation...). Par ailleurs, si un animal ne sort pas pour l'instant il pourra peut-être le faire prochainement en vacances ou en échappant à la vigilance de son maître et il faut donc mieux le vacciner par précaution. De plus, même dans le cas où l'animal ne sortirait pas, le propriétaire, lui, sort et peut ramener des germes sur ses chaussures par exemple.

Pourquoi vacciner contre les maladies devenues rares?

Les agents pathogènes ne connaissent pas les frontières, comme l'ont montré de façon récurrente en France les cas de réintroduction de la rage depuis le Maroc par des animaux infectés . Des virus que l'on peut croire rares circulent toujours et pourraient flamber en l'absence de vaccination soutenue (Carré, parvovirose)

En conclusion, l'auxiliaire peut inciter de nombreux propriétaires ,au départ réticent à la vaccination, à changer leur opinion à ce sujet et à commencer ainsi à protéger leurs animaux .De plus, la plupart des animaux non ou mal vaccinés le sont plus par manque de connaissance que par refus de la part des propriétaires. Les auxiliaires doivent donc veiller à demander le carnet de vaccination aux clients pour faire le point avec eux même s'ils ne viennent pas pour une consultation vaccinale.