Les maladies contagieuses contre lesquelles le chien peut être vacciné sont causées par des virus (rage, parvovirose, hépatite de Rubarth, maladie de Carré, herpès virose, parainfluenza de la toux de chenil...), des bactéries (leptospirose, borréliose de Lyme, bordetella bronchoseptica de la toux de chenil, tétanos...) ou des protozoaires (piroplasmose...). Certaines de ces maladies sont des zoonoses transmissibles à l'homme (rage, leptospirose, maladie de Lyme), en protégeant le chien la vaccination protège aussi ses propriétaires.
La plupart de ces microbes peuvent se transmettre par contact entre un animal infecté et un animal sain, on parle alors de transmission directe. Mais pour certains d'entre eux, la transmission peut aussi se faire par le milieu extérieur et l'animal sain peut ainsi se contaminer sans aucun contact avec un animal infecté, on parle de transmission indirecte. Certaines maladies ont besoin d'un autre animal pour prélever les micro-organismes sur un mammifère porteur puis les inoculer à un autre, on parle de transmission indirecte par un vecteur, qui est généralement un insecte (moustique, phlébotome), ou un acarien (tiques).
CHPT : des maladies que le chien peut contracter à tout moment
Certaines infections se transmettent à la fois de manière directe mais aussi de manière indirecte par l'environnement. Tous les chiens y sont donc exposés tout au long de leur vie et elles constituent donc la protection vaccinale de base. Même les chiens qui sortent peu sont susceptibles d'être contaminés lorsqu'ils font leur promenade hygiénique, lorsqu'ils se rendent chez le vétérinaire ou encore par les virus qui peuvent se trouver sous les semelles de leur maître. Ce sont la maladie de Carré, l'hépatite de Rubarth, la parvovirose et la toux de chenil, maladies contre lesquelles le chiot doit donc être vacciné dès le plus jeune âge et jusqu'à la fin de sa vie.
La maladie de Carré est une maladie contagieuse, due au virus de Carré (ou CDV pour Canine Distemper Virus) et caractérisée par un degré de mortalité élevé dans l'espèce canine. Ce virus est détruit rapidement à température ambiante et par les désinfectants usuels mais il survit plusieurs semaines à basse température dans le milieu extérieur, ce qui explique la recrudescence de cette maladie l'hiver. La transmission peut se faire de façon indirecte ou par contact direct avec un chien contaminé (par les sécrétions respiratoires, oculaires, salivaires, l'urine ou les selles).
L'incubation, délai entre la contamination virale et l'apparition des premiers signes cliniques, varie de 3 à 7 jours,. La phase d'invasion est ensuite caractérisée par un pic d'hyperthermie et du catarrhe oculo-nasal. Enfin, la phase d'état est caractérisée par l'apparition de signes cliniques beaucoup plus évidents et très polymorphes: catarrhe oculonasal (93% des cas), symptômes respiratoires avec toux (81%), symptômes digestifs avec diarrhée (70%), troubles nerveux (45%), hyperthermie persistante, hyperkératose de la truffe et des coussinets plantaires (24%).
Le pronostic de la maladie de Carré est toujours réservé. Dans la forme classique, la
mortalité est de l'ordre de 50% chez les adultes et 80% chez les chiots. Si l'animal survit, il y a souvent persistance de séquelles irréversibles nerveuses, respiratoires ou dentaires (dents sans émail).
La maladie de Carré est donc une maladie très grave et fait partie des vices rédhibitoires si
un diagnostic de suspicion a été établi par un vétérinaire dans un délai de 8 jours à compter du
jour de la livraison de l'animal. Les éleveurs et les particuliers ont donc intérêt à vacciner les chiots dès 8 semaines (5 semaines en milieu à risque) avec des injections toutes les 3-4 semaines dont la dernière doit avoir lieu après les trois mois du chiot. Un rappel annuel doit être effectué jusqu'à la fin de la vie.
L'hépatite de Rubarth
L'hépatite de Rubarth est une maladie contagieuse due à l'adénovirus canin de type 1 (CAV-1). Sa transmission peut être indirecte (bonne résistance dans le milieu extérieur) ou directe (les animaux sont contagieux pendant la phase symptomatique et longtemps après la guérison clinique). La maladie passe souvent inaperçue sauf chez les chiots qui développent souvent des phases aigues et une mortalité néonatale importante. Après une incubation de 3 à 6 jours, la virémie est associée à un syndrome fébrile prononcé et une hypertrophie des ganglions. Pendant la phase d'état, les principaux éléments cliniques sont une douleur vive au niveau du foie (liée à l'hépatite), une adénite (ganglions), une uvéite antérieure (oeil bleu) et éventuellement une gastro-entérite.
Les chiens sévèrement atteints décèdent dans les heures qui suivent l'apparition des signes
cliniques, alors que la majorité guérissent en 10 jours.
L'hépatite de Rubarth est un vice rédhibitoire dont l'action en garantie ne peut être exercée que si un diagnostic de suspicion a été établi par un vétérinaire dans un délai de 6 jours à compter du jour de la livraison.
Cette maladie est très rare en France mais son vaccin est associé à celui de la Maladie de Carré et se pratique donc aux même dates.
L'agent de la parvovirose canine est le parvovirus canin de type 2. Ce virus est extrêmement résistant à la lumière, à la chaleur, à de nombreux détergents et peut rester infectant plusieurs mois à l'air libre à température ambiante. Il se transmet donc facilement par l'environnement mais aussi par contact direct avec des chiens contagieux (en phase clinique, en fin de période d'incubation ou par portage passif). Il est excrété en grande quantité dans les diarrhées et les vomissements. La transmission se fait par ingestion ou inhalation.
Le virus se multiplie dans le pharynx puis se dissémine par voie sanguine du 3ème au 5ème jour après la contamination (phase d'incubation). L'excrétion virale commence dès le 4ème jour et dure environ10 jours. Les chiens présentent ensuite une gastro-entérite hémorragique aiguë et des symptômes généraux graves (fièvre, déshydratation majeure, abattement intense, anémie).
Le pronostic est toujours réservé dans les 48 premières heures. Il devient en revanche
assez bon si l'animal passe les 5 premiers jours et que le traitement a été mis en place précocement.
Depuis 1979, date de son apparition en France, la parvovirose est devenue la maladie la plus fréquente et la plus redoutée des élevages de chiens. Elle touche le plus souvent les chiots de six semaines à six mois mais elle peut aussi atteindre les chiens adultes non vaccinés. D'où l'importance de vacciner les chiots dès 8 semaines (6 en milieu infecté), en répétant les injections jusqu'à 3 mois, et en pratiquant un rappel annuel.
La parvovirose est un vice rédhibitoire si un diagnostic de suspicion a été établi par un vétérinaire dans un délai de 5 jours à compter du jour de la livraison.
Pourquoi les maladies infectieuses touchent-elles surtout les chiots entre 2 et 3 mois ?
Les chiots sont protégés à la naissance grâce aux anticorps de leur mère qui leur sont transmis par l'intermédiaire du colostrum. Cette quantité d'anticorps va diminuer avec le temps jusqu'à être insuffisante vers l'âge de 5 à 6 semaines. Entre 2 et 3 mois se situe une période critique durant laquelle le chiot risque le plus la contamination : sa protection maternelle est devenue insuffisante et son système de défense est encore inachevé. Les chiots devront donc être vaccinés dès 5 à 8 semaines selon les risques, en répétant les vaccinations toutes les 2 à 4 semaines jusqu'à l'immunité complète, acquise après 3 mois
La toux de chenil est un syndrome dû à des bactéries (essentiellement Bordetella bronchoseptica) ou des virus (essentiellement virus parainfluenza) associés ou non chez un même chien. La plupart de ces agents pathogènes ont une faible résistance dans le milieu extérieur et la contamination se fait principalement par contact direct entre chiens (d'où le nom de la maladie). Mais certains peuvent résister plus longtemps dans le milieu extérieur et la contamination par l'environnement est donc possible, bien que plus rare. Les matières virulentes sont les sécrétions produites par la toux, les éternuements et le jetage et peuvent être ingérées ou inhalées.
L'incubation dure 3 à 10 jours puis des symptômes respiratoires apparaissent: toux émétisante, jetage, larmoiements.
C'est une maladie rarement mortelle (quelques cas sur des chiots sans traitement précoce) mais dont les chiens gardent souvent des séquelles respiratoires et dont la morbidité (pourcentage d'animaux malades) peut atteindre 90% en collectivité. Ils doivent donc être vaccinés le plus tôt possible en milieu infecté et certains vaccins peuvent se faire par voie intranasale dès l'âge de trois semaines contre Bordetella bronchoseptica (Bb) et contre parainfluenza virus (Pi).
Lepto et Tétanos : un risque en milieu rural
Certaines maladies infectieuses ne se transmettent que de façon indirecte par l'environnement : leur protocole de vaccination dépendra donc principalement du lieu de vie de l'animal.
La leptospirose est une maladie bactérienne due à des leptospires qui ne résistent que dans l'eau où elles peuvent persister plusieurs mois. Les rongeurs constituent un réservoir pour la maladie, car ils sont porteurs sains de la bactérie et la libèrent dans leurs urines, contaminant ainsi l'environnement. La bactérie passe alors chez le chien par voie orale lorsque celui-ci boit l'eau des flaques d'eau ou par voie percutanée lorsqu'il se baigne dans une eau contaminée. Les chiens de chasse ou les chiens vivant en milieu rural sont donc les plus exposés. L'incubation dure 5 à 6 jours pendant lesquels les leptospires se multiplient dans le foie et dans les reins, entraînant ensuite des douleurs abdominales, de la fièvre, un abattement, une gastroentérite hémorragique et un ictère « flamboyant » (muqueuses orangées). C'est une maladie grave, souvent mortelle et pouvant se transmettre à l'homme par l'urine des chiens contaminés jusqu'à un an après la guérison clinique. Les chiens exposés doivent donc être vaccinés dès 8 semaines d'âge. Le vaccin nécessite toujours 2 injections de primovaccination et doit être renouvelé tous les ans, voire tous les 6 mois dans les zones marécageuses très infectées avec certains vaccins.
Le tétanos survient lorsqu'une plaie est contaminée par des spores de Clostridium tetani, qui se trouvent en grande quantité dans la terre et dans les crottins des herbivores. Le tétanos est ainsi contracté après une piqûre, blessure ou après utilisation de matériel d'injection souillé. Après germination des spores, le bacille se multiplie et synthétise une neurotoxine très puissante qui provoque des contractures musculaires localisées puis généralisées, permanentes. Classiquement, le tétanos apparaît 5 à 10 jours après la contamination. Chez le chien, il se traduit par une augmentation du tonus musculaire, une raideur de la marche, un port élevé de la queue, un redressement des oreilles et un rictus des babines, puis, à la phase d'état, par une extension des quatre membres et par une contracture musculaire du cou et du rachis. La mort est généralement due à la paralysie des muscles respiratoires. Notamment chez les chiens et les chats, le tétanos peut rester localisé à un membre. Les chiens de décombres et les chiens policiers doivent donc être vaccinés contre le tétanos mais aussi les chiens vivant en milieu équestre car les chevaux sont un grand réservoir de la bactérie dans leur tube digestif et les disséminent donc dans leur environnement. La vaccination consiste en deux injections à quatre semaines d'intervalle, suivi d'un rappel un an plus tard puis tous les trois ans.
Rage et Herpes : seulement par contact étroit
Certaines maladies (la rage, l'herpès virose) ne se transmettent que par contact direct et les chiens doivent donc en être protégés s'ils sont en contact avec d'autres chiens.
La rage est due à un rhabdovirus peu résistant dans le milieu extérieur qui ne se transmet que par inoculation d'un mammifère contaminé à un autre (par morsure, griffure ou léchage d'une plaie). Le virus migre ensuite le long des voies nerveuses pendant la phase d'incubation (de 15 jours à plusieurs mois) pour atteindre le cerveau et entraîner une rage furieuse (agressivité, morsures...) ou paralytique (paralysie des membres, de la mâchoire entrainant une hypersalivation) qui se termine toujours par la mort 5 jours maximum après le début des symptômes chez le chien. La salive des animaux atteints peut être contaminante au plus tôt 8 jours avant les premiers symptômes et le reste jusqu'à la mort. C'est une maladie toujours mortelle et une zoonose majeure qui réapparaît régulièrement en France chez le chien et il est donc recommandé de vacciner à partir de trois mois puis annuellement tout chien pouvant être en contact avec d'autres mammifères. La vaccination antirabique est obligatoire pour les chiens de première et de seconde catégorie ainsi que pour ceux qui doivent se rendre à l'étranger, en Guyane ou dans les TOM.
L'herpès virose est due à l'herpès virus canin peu résistant qui se transmet d'un chien à un autre par voie vénérienne, ou le plus souvent de la mère infectée à ses chiots, par voie transplacentaire ou lors de la mise-bas. L'herpèsvirose pose problème en élevage car elle provoque une mortalité néonatale, des problèmes de stérilité et d'avortement, ainsi que des affections respiratoires chez les adultes.
Les chiots de moins de deux semaines sont les plus réceptifs et développent généralement des septicémies mortelles alors que les chiots de plus de deux semaines développent une forme bénigne. L'infection par l'Herpes virus canin chez les adultes est souvent inapparente et il faut donc vacciner toutes les chiennes reproductrices 15 jours après la saillie et 15 jours avant la mise-bas.
Maladies à vecteurs : uniquement dans les régions concernées
Enfin, il existe des maladies infectieuses qui ne se transmettent que par l'intermédiaire de vecteurs propres à chaque maladie. En plus de l'utilisation d'antiparasitaires efficaces contre ces vecteurs, les chiens devront être vaccinés s'ils vont dans des zones infectées.
La borréliose de Lyme est due à la bactérie Borrelia burgdorferi et elle est transmise au chien, aux chevaux et à l'homme par une tique du genre Ixodes ricinus. En France, le taux d'infection s'élève entre 10 et 30% dans certaines régions mais beaucoup de chiens restent asymptômatiques. Le diagnostic est difficile à établir car les symptômes apparaissent cinq semaines à cinq mois après la morsure par la tique et ne sont pas très caractéristiques. Chez le chien, les signes cliniques sont principalement (50 à 90% des cas) une boiterie et de la fièvre qui durent quelques jours et réapparaissent de façon récurrente. La boiterie est qualifiée de migratoire car elle intéresse un membre puis un autre, d'abord du côté de la morsure de tique. Cette boiterie s'accompagne fréquemment d'une lymphadénopathie, d'asthénie, d'anorexie, de perte de poids et d'amyotrophie. Plus rarement, on observe des symptômes nerveux, cardiaques ou une atteinte rénale secondaires à une réaction immunitaire. Il est donc recommandé de vacciner les chiens dans les régions à tiques Ixodes ricinus.
La piroplasmose est en réalité une maladie parasitaire puisqu'elle est due à un protozoaire, Babésia, transmis par la morsure de certaines espèces de tiques (Rhipicephalus sanguineus et Dermacentor reticulatus) 48h après leur fixation à l'animal. Au terme d'une incubation d'une semaine environ on observe un abattement brutal qui s'accompagne d'une hyperthermie élevée (au moins 40°C, en plateau durant 48h minimum), d'une polypnée et d'une tachycardie. Puis les babésies détruit les globules rouges, ce qui entraîne une anémie et une bilirubinurie colorant les urines en brun. Cette forme peut évoluer spontanément vers la guérison, mais aussi le plus souvent vers la mort ou vers de graves complications (hémorragiques, locomotrices, oculaires, nerveuses...)
Les chiens circulant dans les endroits où sont présentes ces deux espèces de tiques doivent donc être régulièrement vaccinés contre la piroplasmose, à partir de l'âge de cinq ou six mois selon le vaccin utilisé.
Lors de la première visite, il est important d'évoquer avec les propriétaires les différentes maladies infectieuses contre lesquelles on peut vacciner leur chien et de les conseiller en fonction de leur mode et de leur lieu de vie. Il faut néanmoins les prévenir qu'il existe d'autres maladies infectieuses pour lesquelles nous ne disposons pas de vaccins, il faudra donc systématiquement protéger les chiens avec des antiparasitaires adéquats et consulter dès les premiers symptômes, après avoir isolé le chien malade de ses congénères.
Exemple de protocole de vaccinations
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Âge du chien |
Valences |
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8 semaines |
CHPPiBbL |
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3 mois |
CHPPiBbLR |
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5 ou 6 mois |
Bab Bor |
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4 semaines plus tard |
Bab Bor |
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1 an et 3 mois puis tous les ans |
CHPPiBbLR |
|
1 an et 6 mois puis tous les ans |
Bab Bor |